Spectacle : L’homme au masque de fer

Résumé :

Paris, 1708. Saint-Mars, ancien mousquetaire et geôlier de la Bastille est interrogé par un jeune journaliste de la « Gazette d’Amsterdam », monsieur Linget, qui comme tout le monde, veut connaître le secret du Masque de Fer…

Saint-Mars va d’abord lui raconter sa vie, et ce, sous la forme d’une confession, durant laquelle nous allons revivre avec lui toutes ses aventures… jusqu’à découvrir la vérité au sujet de ce prisonnier si particulier…

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Contexte :

Louis XIV, vieillissant, est malade, et le pays est exsangue. Les nombreux conflits, dont le dernier, la guerre de succession d’Espagne, en sont la cause majeure. L’ennemi, pour le souverain, a toujours été à l’extérieur des frontières, mais aussi à l’intérieur du royaume. Les frondes en ont été l’apogée. Des vagues de purges et de procès ont eu cours, tel celui de Fouquet, jugé grand criminel de l’Etat.
Tout au long de son règne, afin d’assurer sa sécurité et celle du pays, le Roi a recours à ses fidèles mousquetaires de la « Compagnie des gris », dont d’Artagnan est l’emblème. Saint-Mars est également un serviteur du pouvoir. Cet homme d’armes, d’abord aux ordres de d’Artagnan, est devenu gouverneur de toutes les grandes prisons françaises, Pignerol, Exilles, Sainte-Marguerite, puis de la citadelle de la Bastille.
Au début de ce seul en scène, nous découvrons un Saint-Mars en fin de carrière, qui a passé la plupart de sa vie à surveiller tous les détenus de son époque, prestigieux ou non.

Note d’intention de l’auteur :

D’Artagnan a toujours servi loyalement Louis XIV durant toutes les crises politiques et diplomatiques que connut le Grand Siècle. Cette image du parfait mousquetaire s’est perpétuée à travers les âges grâce au portrait héroïque et flatteur qu’Alexandre Dumas a brossé dans ses romans.
Mais quid de celui de Saint-Mars, négatif parfait de Charles de Batz de Castelmore ? Personne ne se souvient plus de lui… Et pourtant, ce mousquetaire fut au service de d’Artagnan, et le père d’une des légendes les plus connues au monde, celle du Masque de Fer.
Il me semblait important de parler de ce personnage, qui fut, certes, un arriviste, zélé et cruel envers ses détenus, mais surtout un menteur, et un mythomane brillant. Pourquoi a-t-il voulu créer cette grande supercherie, et ainsi tromper ses contemporains ? Pour cela, il faut apprendre à connaître sa vie… J’ai souhaité exhumer l’histoire incroyable de ce créateur oublié, et présenter ainsi un tableau différent du mousquetaire “traditionnel”, et par conséquent plus humain. Mensonges, corruption, et intelligence,
caractérisaient bien souvent ce siècle, ainsi que ce soldat d’élite à la dérive. Je vous propose de découvrirle portrait d’un homme qui transforma la médiocrité de son existence en une aventure étrange, digne des récits les plus romanesques.

Donat Guibert

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Note d’intention du metteur en scène

Ignorant la véritable histoire de Saint-Mars, lorsque je lus ce texte pour la première fois, je fus saisi par l’ambivalence de ce personnage, loyal envers le Roi, cruel avec ses détenus, et d’une rouerie absolue envers ses contemporains, tels Colbert et Louvois.
Outre son caractère épique, ce seul en scène est une véritable « enquête ». On y découvre Saint-Mars répondant aux questions d’un journaliste de la “Gazette d’Amsterdam”, monsieur Linget, venu l’interroger sur sa vie, et surtout au sujet du Masque de Fer. Saint-Mars, s’amusant avec les nerfs du gazetier, lui présente d’abord les portraits cocasses de ses prisonniers, et évoque aussi ses illustres contemporains, à la manière d’un Saint-Simon ou d’un Bussy-Rabutin. Durant tout son récit, Saint-Mars observe et jauge son hôte.Petit à petit une relation trouble puis tendue apparaît entre ces deux hommes… Un échange sans concessions commence alors dans lequel Saint-Mars sera poussé dans ses ultimes retranchements, et ce au nom de “la vérité”.
L’écriture, sous la forme d’un seul en scène, exige un décor sobre, stylisant l’intérieur d’une taverne au premier acte, puis la demeure de Saint-Mars au deuxième. Une table, deux tabourets, une bouteille, une bougie seront présents pour le premier le tableau. Une belle chaise, un guéridon et un candélabre, sont sur le plateau pour le deuxième acte. Le costume est celui d’un mousquetaire, et ce pour restituer l’époque. Parmi divers accessoires, un est indispensable : le Masque de Fer. Celui-ci sera porté durant la pièce par l’interprète. Ce masque donne un caractère spectaculaire, comme l’avait pensé Saint-Mars en son temps.
Enfin un éclairage judicieux, accompagné d’une machine à brouillard, et d’une “création musicale”, plongent le spectateur dans une atmosphère fantastique et inquiétante.
J’ai eu la joie de partager, pendant plus de dix ans, la scène avec Donat Guibert dans la pièce “Fouquet d’Artagnan ou une amitié contrariée”, et je suis certain que, de par son jeu et sa sensibilité, il jouera un Saint-Mars menteur, sincère et convainquant. De par les qualités humaines de ce comédien, je suis sûr qu’il défendra à merveille ce personnage haut en couleur dans ce seul monologue surprenant. Cette mise en scène, que j’ai voulue sobre et efficace, est un hommage à Jean-Paul Bazziconi, qui sut si bien nous diriger dans différents projets. Il est temps maintenant de partager avec vous le mystère de toute cette affaire…

Alain Veniger

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Texte et interprétation : Donat Guibert

De formation classique aux conservatoires de régions et de Paris, il a travaillé notamment avec Françoise Seigner, Patrick Préjean, Claude Gensac, Roland Bertin, Raymond Aquaviva, et Mireille du Petit Conservatoire. Il a écrit et interprété plusieurs one man shows, dont “Des têtes vont tomber ! ” “Parcours d’un jeune C…” et “La Perruque de Jean-Perre B.”. Il a joué à la télévision dans “Les Vacances de l’Amour”, “Jour d’audience”, au cinéma dans “La Valse française” et dans “Forza Roma”, films russe pour l’un et italien pour l’autre. Il est sur scène régulièrement dans les pièces “Fouquet, d’Artagnan” et “3 Tchekhov, sinon rien !”. Féru
d’Histoire, il a écrit pour le théâtre “Louis XIV, Philippe d’Orléans ou les adieux fraternels”, “La Vieille fille et le libertin, ou les amours de Lauzun et de la Grande Mademoiselle”, et “Le Plaidoyer de Louise Bourgeois, accoucheuse de la Reine” Il a aussi écrit pour France Inter, “Merci pour le thé”. Il enseigne l’Art dramatique. Avec sa passion et son énergie, il est le gouverneur Saint-Mars, dans “Le Masque de Fer”.

Mise en scène : Alain Veniger

Comédien, formé à l’Ecole Supérieure d’Art Dramatique de Paris, il a travaillé, entre autres, avec Louis Sergent, Jean-Laurent Cochet, Danièle Lebrun, Françoise Seigner, Roland Bertin, Jacques Seiler, Jacques Dacqmine, Régis Santon, René Loyon, Luc Clémentin. Il a mis en scène Molière (“Les Femmes Savantes”, “L’Ecole des Femmes”), Racine (“Britannicus”, “Andromaque”), Feydeau (“Feu la mère de Madame”, “Chat en poche”, “Un Pain de ménage”), Guitry (“Au Deux colombes”, “La Pélerine écossaise”), Maupassant (“La Maison Tellier”), Beckett (“L’Innommable”), Marcel Aymé (“Le Minotaure”), Tchekhov (“Les Méfaits du tabac, Le Chant du cygne”), ainsi que plusieurs récitals poétiques. Il est également professeur de théâtre.

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Production :
Le Théâtre Diversion, avec le soutien de l’ADAMI, programme “Déclencheur”, organisme de gestion collective des droits des artistes-interprètes : aide financière aux projets, défense des intérêts et accompagnement de carrière.
Affiche : photo : Romain Rouillé, Pao : Paul Wagner. Création masque : Antony Saint-Aubin. Couturière : Odile Delmas.

Tous les dimanches du 8 février au 26 avril 2026, à 16 h 30.
Théo Théâtre 20, rue Théodore Deck, 75015 PARIS / Réservation : 01 45 54 00 16

https://letheatrediversion.fr/

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